D’abord, ce fut une lumière intense.
Doucement, il se mit à distinguer son environnement ; cela lui sembla être une chambre d’hôpital. Il se redressa, oui, il était bien à l’hôpital. Tout à coup jaillirent des soignants portant masques, lunettes, combinaisons ; tout un attirail qui ne lui paraissait pas familier. Il les entendait, mais ne parvenait pas à les comprendre, c’était comme des sons venus d’ailleurs. –" Monsieur » – " Vous avez été en état végétatif depuis 15 ans » –" Suite à une hémorragie… consécutive à une m.a. v » – " Vous avez l’air en pleine forme » – « C’est pas le bon jour, c’est l’état d’urgence » – " Vous devez quitter l’hôpital » –" Prenez, ce sont vos affaires et portez ce masque » – " Bonne chance ». Alors qu’ils lui parlaient, il s’était levé et approché du miroir. Qui était cet homme qui le regardait ?
Dans le sac, il avait trouvé une adresse et une clé, il se tenait maintenant devant la porte. Il n’entra pas. Il contourna la maison, traversa le jardin, se dirigea vers son refuge, posa fébrilement la main sur la poignée, s’arrêta – bousculé par les souvenirs – puis ouvrit la porte. Et, enfin. Il se vit lui, là sur le mur, avec, oh… Clarisse. Il ne se souvenait pas de cette photo. Ah ! Si, c’était ce jour au vent salé sur la plage. Ce fameux jour où il avait effleuré sa peau, goûté ses lèvres ; où il s’était imbibé de chaque effluve de son corps, palpé ses chairs tendres et s’était enfoui en son secret. À cet instant, il tressaillit, dans un frisson, son corps se rappelait ; sa première fois. Il avait vaguement l’image d’un coucher de soleil lové dans le chaud de ses seins, puis le noir. Il avait aimé, pas suffisamment, voilà pourquoi il était en vie.
Il entendit un bruit derrière lui, il se retourna, elle était là ! Pas celle de la photo, celle d’aujourd’hui. Oui ! La lumière dans ses yeux, c’est ce qu’il voyait depuis 15 ans ; et elle brillait toujours.
Magnifique !
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