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jeudi 2 avril 2020

L'arbre

Lui, il est dans l’arbre
Elle, elle est un peu à côté
Son tronc est puissant
Prend racine dans la terre
Il sait où il habite
Elle, elle habite un petit peu à côté
De temps en temps elle bouge
Quelques pas à droite
Quelque part à gauche
Elle ne se rappelle pas très bien
Où elle habite
Ce n’est jamais exactement
Au même endroit
Alors, il ouvre ses branches
La protège
lorsqu’elle
En a besoin
S’il lui fait trop d’ombre
Elle fait un pas à côté
Elle fait un petit tour
Et lui raconte
Ce qu’elle a vu
Ça le fait frissonner
De vie

mardi 24 mars 2020

La cour de l'école




Dans sa classe, il y a toutes les couleurs. 
Dans son école, en bas des tours du quartier, ici encore plus qu’ailleurs, l’autre, c’est tout le monde. 
Dans cette banlieue, l’étrange, la saveur inconnue, le bizarre et le pas pareil sont partout. Elle baigne dedans depuis qu’elle est née. Et ne saurait s’en passer.
Chaque matin, elle retrouve Désiré, un de ses camarades, dans l'entrebâillement d’une porte ouverte sur la cour de l’école. Toujours, il balade son petit chariot transportant un lapin blanc au regard figé. Désiré n’est jamais vraiment descendu sur terre, une partie de lui est resté suspendue aux nuages. Son corps ne touche pas, il boit la matière, ce qui la rend parfois insupportable et le met très en colère. C’est au pied de cet arbre, qu’ils se rencontrent chaque matin.
Chaque matin, elle l’accompagne dans sa descente. Joignant sa main à la sienne, ensemble, ils traversent la cour de l’école. Tout au fond, près du grillage qui sépare petits et grands enfants, le tilleul est là, majestueux. Chaque matin, il les enlace. Les corps s’enracinent. Dans un battement atemporel, les deux enfants atterrissent en douceur, liant ciel et terre pour démarrer la journée. 

L’Amandier



L’Amandier


Volée d’enfants vers l’Amandier
À qui atteindra le plus vite 
Le compagnon des jeudis


Grimpereaux de huit ans, cuisses nues sur l’écorce rude, 
Chacun sa grosse branche. « Le premier en haut ! »


Rires aigus d’enfants-pinsons dans les ramures
Picorant les chingoms de sève,  
La saveur âcre des bourgeons 


Tourterelles perchées, toujours plus haut, à qui verra le plus loin


Et pour toucher le ciel  la mésange bleue


Le Bleu ourlant les fleurs de nacre enivrées d’abeilles
Les pétales si doux
Qu’on regarde d’en bas, pour ne rien abimer
Et ce parfum sucré qui met les larmes aux yeux


Pies voleuses d’avril dans les feuilles nouvelles 
pour les fruits duveteux qui fondent dans le bec
Rossignols de mai s’égosillant à assourdir la plaine 
« Quand vas tu te décider à me passer la bague au doigt ? »


L’été,  parfois des Passereaux un peu lourds, osent raconter d’autres royaumes 
et repartent avec les hirondelles


Un hiver  l’Amandier a fleuri  de pétales de neige 
Pour ses enfants- oiseaux qui regardaient de loin


Ils ne raconteront pas la lente mort de leur arbre. 
Et l’envol des oiseaux d’antan
Avec les tout -petits ils sèment ses amandes
Pour qu’ils deviennent oiseaux 
Un arbre dans le coeur

lundi 23 mars 2020

L'envoûtement






Dans sa langue natale, les arbres sont féminines. Il aime les admirer, cela l’apaise. Toujours, il les considère et leur souffle ses plus beaux compliments. Du lit où il se trouve, il contemple au travers de la fenêtre le palmier qui danse doucement, comme pour le charmer. Ses longues feuilles cambrées qui se déploient comme des éventails et dont chaque lame bouge en crescendo avec le vent lui font penser à des mains jouant avec l’invisible. 
Doucement. 
Sensuellement. 
Le mouvement emplit la chambre, les ombres et lumières qui badinent avec ces grandes feuilles redessinent la cartographie du corps nu de son amoureux qui dort paisiblement à côté de lui. Le jour tombe, et la pièce s’enivre de l’atmosphère chaude et langoureuse que l’arbre crée de son unique présence. Le bruissement qu’elle élève l’amène aux creux du va-et-vient des vagues qui tranquillement l’étourdissent de leur calme. Il laisse bercer ses souvenirs, le temps se dissout, son esprit vagabonde. Il s’abandonne alors entièrement à elle, la compagne de cet instant, cette forme de vie puissante dans laquelle il confie sa désertion du monde. 
Alors qu’il s’enfonce peu à peu dans un sommeil léger, il la remercie de veiller à son bien-être.

Songe du printemps




Contre toute attente, elle l’avait trouvé ; mais l’avait elle vraiment cherché ? Sans aucun doute, c’était lui, celui qui hantait ses songes d’aussi longtemps qu’elle s’en souvienne. Peut-être était-ce lui qui l’avait trouvé, ou le temps était-il venu ?

Comme dans son rêve, une brise secoua sa chevelure, une invitation. Alors mue d’une confiance qu’elle ne se connaissait pas, elle posa son pied sur l’herbe tendre et se mit à danser tel qu’elle l’avait appris au fil des nuits. Elle virevoltait sur la mélodie du vent, vibrait aux sons de la terre, pulsait aux rayons du soleil avec la frénésie de l’eau ; déesse païenne dans le firmament du printemps. Et, dans un geste suspendu, ses bras et les siens se mêlèrent ; les mille bras du saule recouvrirent son corps d’une caresse voluptueuse. Ainsi commença leur parade sensuelle.

Depuis son banc, le vieux ouvrit les yeux sur cette scène contre nature ; il se pétrifia, sa vie devait-elle finir dévorée par une gorgone végétale ? Avait-il trop vécu que ses yeux ne lui donnaient à voir que mirage ? Était-il temps pour lui ? Puis, il se ravisa en apercevant son panier, peut-être était-ce seulement l’abus de sève de poirier ? On était plus si résistant, pensa-t-il en replongeant dans un profond sommeil. 

Loin de ces tourments, elle dansait toujours, quand soudain elle aperçut la lumière, la même que dans son rêve, alors elle pénétra la chevelure. Elle était inexorablement attirée par la lumière ; du bout de ses doigts, elle effleura le tronc rugueux et avança sa jambe dans la fente irisée. Voilà tout ce qu’elle connaissait, le rêve ne lui en avait jamais montré plus. Alors qu’elle sentait encore sous ses doigts l’âpreté de l’écorce, son corps semblait glisser dans un fourreau de velours soyeux. Une fois au cœur de l’arbre, la lumière s’estompa, la quiétude l’envahit, et, là, posé sur un tapis de fleurs l’attendait un enfant. 

Le roi



Il était sans conteste le seigneur du jardin. Nimbé des rayons dorés du soleil qui peinaient à percer son épais feuillage, il trônait fièrement au milieu de sa cour. Cognassier du Japon, cerisier, buis et figuier semblaient lui vouer allégeance. Il vivait près d’une maison en pierre que ses habitants avaient choisie non pas à cause de sa présence à lui, mais il se doutait avec orgueil qu’il avait beaucoup pesé dans la balance. Il imaginait que ses longs bras majestueux les ombrageraient du soleil, l’été venu, que le chat grimperait sur ses épaules pour taquiner les tourterelles qui avaient élu domicile dans sa couronne de feuilles. Et puis, il y aurait des enfants. Le moment venu, il les laisseraient suspendre une balançoire à l’un de ses bras. Et quand viendrait l’hiver, il leur ferait la surprise de garder son feuillage, offrant généreusement le gîte et le couvert aux plus petits oiseaux. 
Il n’avait pas la noblesse du chêne ou l’élégance de l’érable, mais il était le centre de ce petit monde, observateur tranquille du temps qui s’écoule.

On va sous le frêne?





Les après-midis d'été, quand le soleil cédait enfin, la famille se transportait sous le frêne, juste à cet endroit où la vue était la plus ample, balayant la plaine de vignes tremblante de chaleur.
À l'ombre du grand arbre, on était sûr d'y retrouver une brise délicieuse.
Les plus âgés transportaient leurs pliants, les enfants une vieille couverture pour protéger leurs jambes nues et maigrelettes du piquant des herbes sèches. Le chien s'affalait à côté d'eux en haletant. Les conversations se faisaient paresseuses.  Tiens, untel a fini de moissonner, tiens, tel autre a sorti son tracteur...
Les adultes bavardaient mollement, l'air avait des parfums de poussière et d'immortelles. La nuit tombait. Il allait falloir rentrer pour manger. Le repas était déjà prêt. 
Parfois, quelqu'un proposait:
- Il fait si chaud. Et si l'on dormait dehors? 
Alors, après le dîner, ils s'installaient sous le frêne, les petites s'allongeaient sur les couvertures molletonnées où s'accrochaient les graines agaçantes de l'aigremoine. Les cigales avaient cédé la place aux grillons, l'oncle Maurice imitait le chant de la hulotte, jusqu'à l'attirer sur l'arbre voisin.

Ils contemplaient le ciel, en quête d'étoiles filantes ou du passage du spoutnik. On avait entendu son bip bip à la radio. Plus tard, il y aurait Laïka, la petite chienne russe, tournant éternellement dans l'infini du ciel.
Et puis, le soir de la Saint-Jean d'été, des feux s'allumaient uns à uns au flanc des collines, dans les fermes isolées. D'autres étaient comme eux, goûtant la tiédeur du soir et le basculement de l'été.
"Mes enfants, les jours raccourcissent".


L'Arbre


L’Arbre est toujours après la Mer 
Ce que l’Homme chérit sur Terre
La fleur est par trop éphémère
Qui s’en retourne à la poussière
Dès que le vent est en colère
Quand l’arbre plus que centenaire
Affirme alors son caractère
Vindicatif et volontaire
Mais généreux à sa manière
Il fait de l’ombre aux grands- mères
Et des oiseaux est la volière. 
Dépouillé il tend vers le ciel
Dans un désarroi sans pareil
Ses branches nues vers l’Eternel
Il entre en prière… c’est l’Hiver
Michelle

L'oranger de Séville (Citrus aurantium)




« Ras-le-bol, déprime, trouble anxio-dépressif, burn-out». Ça en a des noms ce qui lui tombe dessus ! Arrêtée deux semaines. 
Direction le sud.
Dix heures de route et vingt degrés plus tard, la voilà Plaza Santa Cruz. Ouvrir les volets, avancer sur le balcon. Un doux parfum. Et soudain revivre ! 
Ils sont là, tout autour, blancs, fleuris, embaumant à nouveau sa vie. 
L’oranger, sa madeleine à elle. 
L’oranger des rues de son enfance. 
L’oranger dans la chaleur du soir. 
L’oranger derrière lequel montent ces voix qui piaillent et cette langue qui chante. L’oranger, l'emblème de la ville. Comme ces patios privés ouverts aux regards des passants par une porte entrouverte, ces fontaines basses ornées d’azulejos et ces majestueux palais arabo-andalous. 
Pas une rue (ou presque) sans son oranger obsédant et merveilleux... Le soleil et la chaleur de Séville, emmagasinés pendant la belle saison, ont fait pousser là ces fruits lourds et parfaits. 
Le soleil et les orangers. Revenir à la sérénité, à la joie, au rire, à la vie. 
Oubliés les doutes. Oubliée la peur. Oubliées les larmes et les nuits sans sommeil. 
Elle ne pense qu’à s’enivrer. S’enivrer du parfum des orangers. Respirer. Respirer à nouveau. 
Un oranger. Et la vie va recommencer.

dimanche 22 mars 2020

Le marronnier




Il était en bas de la cour. Les pieds comme plantés dans les graviers. Il regardait vers lui. Lui c’était le marronnier. Imposant. Majestueux. Planté dans la cour de l’école qui jouxtait son terrain. 
Tu y restais des heures quand tu étais petite. Tous ces étés chez lui, le Pépé. Les longues heures de l’après-midi s’écoulaient. L’ennui. Tu escaladais le mur de l’école vidée de ses cris d’élèves. Tu sautais dans l’arbre et, assise en son creux, tu lisais. Alice. Bibliothèque verte. Les poches pleines de bonbons de la réserve secrète qu’il remplissait pour toi en cachette. 
 Quand tu te décidais à redescendre, il était déjà l’heure de souper et de regarder un western. John Wayne. Gary Cooper.
Aujourd’hui, tu ne venais plus beaucoup le voir. La vie. Le temps qui passe trop vite. À peine un appel pour son anniversaire et le nouvel an. Une carte postale de tes itinérances. Tu avais toujours aimé écrire. 
Il a soupiré. Ses épaules se sont affaissées, un peu plus.  Demain, le marronnier serait coupé. Il dérangeait. Une larme coula le long de sa joue. Il l’essuya du revers de la manche et tourna les talons. Il alla s’asseoir sous sa véranda. Au bout de la longue table en bois. Il appuya sur son radio-k7. Fréderic François emplit la pièce… « mon cœur te dit je t’aime ».

Le saule tétard




Cet arbre majestueux qui trône au milieu de la pâture. Il est là, fier, seul. Unique au centre de cette étendue d’herbe verte.
 Elle l’observe, elle avait tant rêvé dans ses jeunes années que son père lui construise une cabane au sommet de cet arbre. L’arbre est toujours là, son père aussi, mais la cabane n’est toujours pas apparue, elle attend les petits-enfants peut être? Le temps nous le dira. Un beau saule avec sa coupe têtard et tout en haut une cabane qui l’attend, Elle en a passé des heures à rêvasser et à imaginer les plans, les histoires, les intrigues,... 
Avec les années, l’arbre est devenu un refuge, son refuge. Au pied de l’arbre, il s’est passé tant de moments importants pour elle. Le harcèlement scolaire,  c’est là qu’elle lâchait tout, son amour pour le dessin, c’est là qu’elle s’est perfectionné sous le soleil, la perte des différents êtres chers, c’est là qu’elle se consolait, les moments de partage avec le cheval, ses réflexions intenses sur la vie, c’était là. C’est à cet endroit qu’elle a partagé les meilleurs et les pires moments. C’est avec cet arbre, en sa compagnie qu’elle se sentait mieux ou plus inspirée. 
L’arbre est devenu son ami et le sera encore un sacré bout de temps.

Le grand cyprès




Marraine Hélène a perdu son mari depuis 3 mois. Elle a pris en pension la petite pour se consoler pendant quelques semaines, c’est la tradition dans la famille, les enfants viennent adoucir le cœur rempli de malheur des vieux.
Elles empruntent la route de campagne qui mène au cimetière, dépassent les derniers jardins du village ; la petite sautille, ses souliers vernis claquent sur le goudron. La vieille a dans les bras des dahlias et quelques roses en boutons.
Elle pousse le grand portail de fer. Hélène a inventé depuis ce jour de solitude un trajet bien ordonné. On tourne à gauche, on s’arrête aux robinets, on remplit le broc de fer blanc. On longe une petite allée couverte de gravier. La petite se faufile entre les pierres moussues, monte et descend les rebords des caveaux malgré l’interdiction.

Une fois les fleurs déposées, les tiges fanées coupées, après un moment de silence, elles empruntent une voie bien plus large qui monte en douceur et arrivent au carrefour d’où partent trois chemins identiques.

C’est là qu’il se dresse le grand cyprès du cimetière, zébrant le ciel bleu de juillet, il dépasse largement tous les autres plantés ici et là. 
De son vieux tronc empâté montent des branches sombres et épaisses qui s’enroulent jusqu’au sommet. IL oscille lentement entre deux nuages. Pour voir sa cime qui se balance, il faut pencher la tête en arrière, les narines se remplissent alors de son odeur de térébenthine. 

La petite ramasse les fruits collants de sève. Marraine Hélène lui essuie les doigts. 

– Maintenant, on va goûter, on reviendra demain.

 En évitant de glisser sur les branches sèches et les racines qui dépassent, elles contournent ce vieux bonhomme intranquille.

Il fait plus frais à cet endroit, une rude caresse de vent les raccompagne dans l’allée qui descend jusqu’au portail. 

– C’est ce grand cyprès qui protège le cimetière quand les vivants sont occupés !

Le sorbier des oiseleurs

Dans le ciel de mes  souvenirs, lorsque l’on m’a planté,  je rêvais de devenir un séquoïa géant, admiré de tous. Mais j’ai grandi comme un arbre dans les mines, entre terrils et corons, et sorbier des oiseleurs je suis devenu ! En plus, les ch’tis de « min coin »  ont toujours cru que j’étais un acacia !

Résultat de recherche d'images pour "sorbier des oiseleurs"J’avais des copains qui me ressemblaient, plantés qu’on était  tout le long de l’avenue qui menait au puits de mine n°6. Les oiseaux m’aimaient bien, on taillait souvent la bavette en même temps qu’ils dégustaient mes baies rouges délicieuses.
Les enfants de cette rue, pétillante de vie, adoraient aussi les baies, pas pour les manger car ils les savaient toxiques pour eux, mais pour les mémorables batailles de boules rouges. À la fin de la journée, le trottoir en était jonché, au grand dam des mamans aux balais synchronisés qui s’employaient à les chasser (les baies..). 
Du haut de ma hauteur  je la voyais, la petite fille qui observait et semblait envier les oiseaux perchés sur mes branches, MES branches car elle m’avait choisi pour me confier secrètement ses pensées, ses joies et ses espoirs d’envol.
Un jour, ils sont venus, ils nous ont coupés, ils nous ont emmenés. Les oiseaux se taisent, les rires d'enfants s'éloignent. La petite fille subtilise une de mes branches à  laquelle s'accroche, insouciante, une grappe de petites baies rouges. Pour ne pas oublier.

Bouleau



L’arbre
Dans une petite impasse lumineuse et tranquille du 20e arrondissement de Paris, à côté du Père-Lachaise, végète un bouleau.
Il est là, avec son tronc moucheté de blanc et de vert, se dresse fièrement, s’agite quand le vent souffle, se déplume quand l’automne arrive et bourgeonne au printemps. Rien de bien particulier donc. Il vient, comme d’autres, égayer la monotonie des immeubles de l’Impasse, dans son petit espace vert grillagé.
Il est là, oui, au milieu d’autres arbres citadins un peu chétifs. La vie avance dans l’Impasse, les familles vont et viennent, les enfants grandissent, les adultes vieillissent, on déménage, on meurt, on naît, on voit de nouveaux arrivants… Les petits l’escaladent, se lovent en lui, les jeunes amoureux se déclarent sous ses feuilles, les vieillards s’abritent sous son ombre douce quand il fait trop chaud.
Lui se contente d’être là. Il vieillit aussi, ses cernes s’amoncellent au cœur du tronc. Mais il ne bouge pas. Il observe, il voit la vie s’agiter autour de lui, et il sourit, mais ne pipe mot. 
Ce qu’il ne peut pas dire, c’est qu’une petite cérémonie l’a amené là, il ya bientôt trente ans, dans cette Impasse. Une cérémonie d’adieu qui a voulu rendre hommage. Un drame de l’Impasse, de la vie. Il représente tous les disparus chers à nos cœurs, il est la mémoire, immuable et éternelle, mais aussi la vie qui continue…
À la mémoire de Sonia, Aneth et Chouaïb, à la mémoire des petits mondes de l’enfance…