Affichage des articles dont le libellé est atelier 3. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est atelier 3. Afficher tous les articles

jeudi 26 mars 2020

Le frigo dans tous ses états


Ici, le frigo est blanc. Il stocke et conserve les aliments : fruits, légumes, fromages, viandes… Mais aussi des médicaments et des masques de beauté !. Alors, même s’il est l’objet le plus important de la cuisine, le frigo est utile à toute sorte de choses.

Chacun sait à quoi sert un frigo. Chacun l’achète pour remplir la même fonction. Cependant, chez le voisin il sera américain, chez le cousin il sera rempli, chez le copain il sera vide… Parfois blanc immaculé, parfois rempli de dessin d’enfants, de photos, de magnets ou de petits mots. Parfois net, rangé et propre, parfois couvert de moisissures. Cave ou garde-manger. Le frigo fait bien plus que conserver les yaourts… Il reflète qui est son propriétaire souvent bien mieux que le miroir de l’entrée

Le frigo vit, au rythme des saisons, des anniversaires, des mariages, des départs en vacances ou des rentrées scolaires et même en fonction des épidémies ! Il va être rempli de champagne, fois gras et fruits de mer. Il va être fruité et laisser s’échapper la douce odeur sucrée des fraises ou au contraire celle un peu forte des fromages du nord. Il va être un peu pompette ou à la diète, abriter le poulet du dimanche ou la pizza froide du lendemain de soirée...
S’il pouvait parler, le frigo ferait savoir s’il apprécie la façon dont il est traité, s’il aime être nettoyé, renfloué ou vidé… Il nous dirait s’il préfère voir un des membre de la famille en particulier ou si un autre claque sa porte trop fort à son goût. Il aime probablement être le centre de l’attention, incontournable dans la maison, c’est peut être l’objet au narcissisme le plus assuré car il sait que sans lui nous serions perdus !

Ici, le frigo est bien apprêté et toujours vêtu de ses plus beaux atours : magnets souvenirs de vacances, cartes postales, photos, petits mots et emplois du temps ! Niveau esthétique, rien à redire, c’est lui le plus habillé ! Mais… la beauté extérieure ne fait pas tout… Un peu soupe au lait, le frigo blanc se sent parfois un peu frustré : il n’est approvisionné que lorsqu’il n’a plus rien à se mettre sous la dent. Alors, il profite de la vie, la croque à pleine dent afin de supporter les jours un peu gris.

Dispute




"Pourrie ! C'est encore trop joli."rétorqua le radis
"Oh, toi tu traînes la fane et tu veux donner ton avis"
Bougonna la tomate à la robe verdie
"Ils ont raison" bredouilla le brocoli
"Moisie est ce qui sied le mieux à ton habit"
"Oh vous pouvez vous moquer chers amis
Vos allures ne font guère plus envie
Fané monsieur le panais, regardons nous ici
Secoués, fatigués, flétris, rabougris
Nous sommes tombés dans l'oubli."
"Pauvre de vous, beau vous avez été, les périssables"
Nargua la sardine dans sa boîte impeccable.

mercredi 25 mars 2020

Souvenir souvenirs



Ton frigo est un véritable carnet de voyage. Prenons au hasard ce bocal de rougail citron, ramené de La Réunion. Tu l'avais acheté à un petit marchand de rue. Le pauvre homme semblait avoir bien besoin de cette vente. Tu te souviens ? C’était il y a 8 ans, déjà. Le vieux était là, assis en tailleur à l’angle de la rue Issautier, il te regardait avec ce sourire ébréché qui déclenchait un remous de rides dans son visage caramel trop cuit.

Comment aurais-tu pu te douter que ce sourire avait quelque chose de sardonique, voire de cruel ? Le rougail était si épicé qu’il aurait fait monter les larmes aux yeux d’un cracheur de feu. Pourquoi le gardes-tu alors, ce pot de condiment que personne n’ose plus ouvrir ? Il voisine depuis des années dans la porte du frigo aux côtés de la minuscule bouteille cadeau de punch coco récupérée dans l’avion du retour. 

D’ailleurs, il faudrait bien que tu te sépares aussi de ces champignons séchés que tu as congelés pour éviter que les mites ne les attaquent. Tu les avais marchandés en Chine, dans un village de rizières. C’était chouette ce coin. Dommage, il pleuvait beaucoup. Mais c’était bien quand même. Vous aviez mangé du riz cuit dans une tige de bambou. Ouais, c’était drôlement bien. Mais c’était il y a quatre ans, tout de même… 

Et cette conserve de saucisses aux choux qu’une bénévole de la bibliothèque d’un village de Lozère t’avait offerte en 2012. Tu crois qu’il ne serait pas temps de t’en débarrasser, puisque tu ne te risques pas à l’ouvrir ?


Oui, mais elle était si gentille, cette bibliothécaire et le paysage si beau au printemps…

Conversation entre un pot de cornichon et la mayonnaise



- Eh, t’as remarqué?
- Quoi? 
- On est un peu serré comparé à d’habitude, tu ne trouves pas ?
- Ouais, à la télé, ils parlent tous de confinement, en ce moment.
- Ah, c’est donc ça ! Elle a fait le plein, finis les bons petits plats de maman. Peut être qu’elle va enfin se mettre à cuisiner. En même temps, elle veut son indépendance alors bon si elle commençait déjà par savoir se nourrir, ça serait pas mal.
- D’ailleurs, tu n’as pas vu notre meilleur pote par hasard? Tu sais, la mousse de canard au porto? 
- Non, il n’est pas là. Par contre tu as vu toutes ces boîtes là-haut?
- Oui! c’est de la viande, elle ne va pas se laisser abattre, la petite.
- Le beurre en a pris un sacré coup avec ce confinement, forcément elle ne veut pas acheter de cochonneries industrielles, alors elle fait des gâteaux. Elle a besoin de son quatre heure.  
- Elle va en prendre des kilos! Parce qu’à ce tarif là ce n’est plus un goûter, c’est un cinquième repas qu’elle nous fait. 
- On va faire le bilan à la fin du confinement, on verra si elle arrive à tenir sans se faire livrer. 
- Nos colocataires habituels sont à peu près tous là: jambon, ketchup, gruyère, yaourt, gourde de sirop de citron, beurre, c’est bon, on a le compte. 
- T’as raison,on a de la chance, on est encore pas trop dépaysés. 
- Pourquoi tu dis ça?
- Bah imagine toute cette viande, elle doit se demander ce qu’elle fiche là. Et ces cannettes de soda, faudrait pas que la bouteille de sirop nous fasses une crise de jalousie non plus. Ahah






Je me sens si seul




Ah ben super ! Ces deux là ne sont vraiment pas stressés ! Tous mes potes m’ont dit qu’ils avaient été ravitaillés à ne plus savoir qu’en faire, que ça débordait de partout, qu’ils avaient même dû rentrer un peu le ventre et moi ... moi, rien ! Comme d’habitude ! À peine de quoi tenir trois jours ! Et que du bio ! Marre de ces brocolis, carottes, laitues, radis noirs et avocats. Marre des yaourts nature. J’ai envie de junk food, un peu, des fois, oui, du gras, du bon gros gras qui tient au ventre, du sucre, des additifs, des E machin en veux tu en voilà !  La malbouffe quoi ! En période de crise, c’est bien connu, on se jette sur tout, on mange, on mange pour oublier ! Ben non ... Ici c’est la routine, le train train. Rien de nouveau sous le soleil ! Ils ont compris quand même qu’ils allaient être confinés ? Qu’il ne faudrait sortir que pour des courses de première nécessité ? Déjà qu’en temps normal, on me remplit au jour le jour, là, je m’attends au pire ! Ah oui, ça, on me nettoie plus souvent ... et vas-y qu’on me désinfecte, qu’on me savonne ! Mais je m’en fous d’être propre moi ! Je veux être PLEIN !
Et je me sens vide et seul ...

Solidarité



Merde, y’a rien.

__

Han, c’est pas vrai?! Une part de gâteau poire et caramel. C’est comme si papa était passé par là, juste pour moi. Quel bonheur! Comme j’adorais l’entendre fredonner quand il préparait des pâtisseries. Ça sentait bon dans la cuisine, c’était l’enfer!

__

De la soupe… Va pour ça. Ça va m’réchauffer les entrailles. Et puis les mains. Ça caille aujourd’hui!  

Demain faut que j’passe plus tôt.

__

Oh yeaah baby! J’te l’avais dit! Le grand choix : pâtes aux légumes avec sauce tomate; riz et boulettes de viande; pain complet qui me semble fait maison — les gens peuvent être si généreux!; et des yaourts passés date d’hier. 
Clairement le riz et les boulettes. Avec la soupe d’hier, mon ventre fait de l’orgue depuis ce matin.
Et du pain aussi, un morceau quoi. Faut en laisser pour les copains.


Et puis un yaourt aussi, ça va m’faire du bien. J’me gâte aujourd’hui!

__

Ça fait longtemps que j’suis pas passée te voir toi, j’étais dead l’ami, courbée en deux dans le lit. Faut pt’être que j’passe au centre de soins de la basse-ville. Nan mais j’te jure, avoir mal chaque mois comme une chienne ça craint.
Fait que t’as quoi à m’proposer au menu aujourd’hui?
Ouais pas l’gros lot à c’que je vois. Mais ça va, c’est déjà mieux que rien, j’sais. Bon ça va être bouillie-de-je-sais-pas-quoi avec le restant de pain. Désolée pour les autres, mais là faut que j’remplisse la bedaine. 

__

T’sais quoi? Un jour j’vais venir t’ouvrir pour mettre de la bouffe. Pas pour la prendre là. Pour donner. Et puis je resterais aussi, pour parler avec celles et ceux qui viennent te visiter, leur jaser un peu d’la météo. Pour voir leur sourire aussi. Et les yeux qui pétillent d’appétit. 
T’es pas mal la meilleure surprise de ma journée. Parfois, j’te dis, c’est décevant. Mais sérieux, la plupart du temps, c’est tellement réconfortant. 

« Hé merci! C’est vraiment gentil c’que vous faites... C’est quoi qu’il y a dans le sac? Ça m’a l’air super bon! »

mardi 24 mars 2020

Tri



Qu’il soit petit ou grand, c’est toujours pareil. Il accueille, thésaurise, transforme la matière. Le froid qui l’habite n’y change rien, certains éléments vivent et meurent dans son ventre. Ou plutôt vivent, développent de nouvelles formes, des odeurs. Le dessus de la confiture devient blanc, la salade se recroqueville, et le tofu rabougrit. 
 Ouvre moi, dit le frigo, partageons avant de perdre. Tu m’as tant donné, j’aimerai te rendre. Accepteras-tu à ton tour de recevoir ce que j’ai gardé pour toi? 
Après tant d’années à ranger avec minutie des merveilles qu’elle ne goûterait peut-être pas, elle profita d’une période d’arrêt pour ouvrir la porte du garde manger. Elle observa ses manques, nettoya le pourri, fit un grand tri. Ce jour là, après avoir fait face aux pertes et aux oubliés, elle décida d’ouvrir plus souvent cette porte derrière laquelle tant de bonne nourriture l’attend, et de mieux choisir, ce qu’elle y met dedans.




Tract






Frigos de tous pays, soyons solidaires, UNISSONS NOUS !
Si comme le mien, vos propriétaires vous maltraitent et vous en font voir de toutes les couleurs, rebellons nous !
Si vous aussi, êtes selon leur bon ou mal vouloir :
  • gavés de produits bourrés d’huile de palme qui empâtent nos habitacles,
  • souillés par la vinaigrette dégueulant d’un Tupperware mal  fermé,
  • envahis de  pyramides de boites où végètent des restes oubliés côtoyant un méli mélo de vestiges racornis,
  • aveuglés par des emballages vides,
  • étouffés par les choux fleurs, haricots verts, pastèques, tomates cerises, courges, courgettes, poivrons…qui s’agglutinent et se pressent désespérément contre les parois du compartiment légumes en attendant le jour de leur délivrance,  improbable pour la plupart d’entre eux ! 

Si vous aussi êtes exaspérés,
  • de les voir hésiter de longues minutes entre un yaourt au lait de coco ou une crème dessert « Bonne Maman », sans voir que la lumière tachycarde,
  • que les boites de suppositoires et gels intimes occupent l’emplacement de  la boite à œufs,
  • qu’en prenant une bière, ils posent et oublient leur téléphone portable à côté du camembert qui n’en demandait pas tant.
  • qu’ils vous alourdissent de magnets, en relief, en couleur, plats, puzzles du continent africain à jamais incomplets…
(Vive les PIN’S !)

BATTONS NOUS mes frères  pour un avenir meilleur !
Rappelons-leur que nous faisons partie de leur vie, 
Exigeons le respect de notre intérieur et des dates limites

POUR NOUS FAIRE ENTENDRE, ENGAGEONS NOUS A NOUS ENDUIRE  DE GIVRE TOUS LES SAMEDIS JUSQU'A L’OBTENTION DE NOS REVENDICATIONS 

Coloc



Pfff ....Ça fait 3 jours que je reçois rien, que je suis là comme un con, à donner de l’air frais à une tomate qui pourrit tranquillement. Son jus fait doucement une auréole bien acide sur la vitre du bac à légumes… Si on ajoute le morceau de beurre rance et le chutney de mangues ouvert depuis des plombes, on peut pas dire que je sois au sommet de ma gloire.
J’ai connu des jours plus heureux. Et oui, quand elle va bien c’est plutôt Byzance : légumes à foison, du fromage en veut tu en v’là et le p’tit must parfois de bons yaourts, genre desserts au chocolat… Hmm. Je résonne des papiers froissés du marché, des feuilles de salade qui crissent, pleines de terre, les bouteilles de bière s’entrechoquent dans un tintement cristallin et même des fois un petit Chardonnay vient égayer la boutique !
Quand Elle est là, ma porte s’ouvre et se ferme, je me vide petit à petit, tellement heureux de l’entendre cuisiner en chantonnant sur fond de musique rock ou jazz. Elle improvise un peu, sort des aliments, les remet quand ils ne lui serviront pas, émince ceux qui vont dans la recette. Martèlement régulier du couteau, casseroles qui chantent, ébullition des liquides. Ça tâche, ça chauffe, la petite pièce sans aération se remplit de buée. Elle est aux anges.
On toque à la porte, une voix masculine, ils s’esclaffent, dansent à deux, goûtent au plat. Il se répand en compliments. Le doux plop d’une bouteille qu’on débouche. Les fourneaux s’arrêtent, ils s’assoient pour manger. Entre deux bouchées des petits gloussements, des baisers langoureux, de légers soupirs… 
Et voilà qu’un jour l’autre décide d’aller faire sa vie ailleurs… Et ça recommence, Elle va se laisser dépérir. C’est reparti pour quelque temps, l’effet petit vent de banquise à perte de vue, quand elle ouvre ma porte sans conviction. Ah ça, un chagrin d’amour n’a jamais rempli un frigo !! 


***
Le Frigo – 2
Et c’est reparti… La porte s’ouvre et une tête dans l’ouverture me regarde avec douceur. Ah non… il regarde les bières. Il en prend une, me referme et s’en va. 
Les Habitants de la coloc m’ont relégué dans la pièce du fond, la buanderie, à côté du cabinet d’aisances. Je passe ma vie à regarder la machine à laver tourner sur elle-même et j’envie terriblement l’étagère d’à côté qui regorge de boîtes de conserve. Je suis le frigo à bières… celui qui se meurt tranquillement la plupart du temps, mais qui a, tout de même, il faut l’avouer, un sacré rôle à jouer pendant les fêtes que donnent les Habitants.
Alors là, je n’arrête pas, je suis un Tetris vivant, entre cannettes en métal, cannettes en verre, grandes bouteilles, vins blancs et rosés… L’été, je peux même me payer le luxe d’abriter brochettes, merguez et autres grillades marinées ! 
La machine à laver fait un peu la tronche parce que bon, qu’est-ce que je me marre ! Ça me change de sa spirale infernale…
Au début de la soirée, ils sont bien les Habitants, ils gèrent leur truc. Ça se retrouve à coup de grandes claques dans le dos et d’embrassades et vas-y que je te sers un verre, ah bah une bière, va te servir dans le frigo du fond, la pièce à côté des toilettes ! Et c’est le défilé, on m’ouvre doucement, ou d’un coup sec, on hésite devant les plaisirs que j’ai à offrir, on se tâte on se décide, on ferme la porte, qu’on rouvre parfois aussitôt, on avait oublié de prendre une bouteille pour Machin.
Les heures tournent, et moi je me vide, mais eux se remplissent. Les pimpants du début commencent à tanguer, ça manque de tomber en arrière en ouvrant la porte, ça hésite longtemps même s’il ne reste que le pack de Kro dont personne ne veut… Ils se retrouvent à deux, puis trois, ça papote ça me laisse ouvert, ça s’esclaffe ou ça se roule de sacrées galoches… Quelques-uns se confient à moi parfois, je sens bien l’importance de mon rôle à ce moment-là, mais je regrette tellement de ne pas pouvoir leur répondre.
Petit à petit, j’ai de moins en moins de passage. Les derniers survivants ne se rappellent même plus de leurs noms, des fois quelqu’un vient installer son lit de fortune à mes pieds, faute de place dans le reste de la maison. Et là, quand enfin tout le monde dort, que les ronflements sifflent à l’unisson, dans une odeur de cendrier alcoolisé, je soupire d’aise en me disant : Vivement la prochaine !

Enquête de terrain




“Gendarme Fougasse, allez jeter un œil  à la cabane au fond de la cour !”


Il maugréait le gendarme Fougasse en faisant crisser ses chaussures à clous sur les gravillons blancs.
Toujours pour moi les ordres pourris : il fait au moins 40 degrés dans cette cour… C’est pas à moi qu’on aurait dit de visiter les étages, ou encore mieux d’aller explorer les caves… assez joli le pavillon d’ailleurs, un peu vieillot quand même. Pas beaucoup de sous pour les réparations la Vieille… 
Il savait d’avance ce qu’il trouverait dans cette cabane : le bric à brac habituel du jardinier : pioches et râteaux, bottes et galoches, paniers hors d’âge, tabouret pour faire la pause… Le chef voulait l’occuper, c’est tout…
La porte était ouverte.  Pas méfiante la Mémé. Un moment pour s’habituer à la pénombre après la lumière aveuglante, et il s’avança un peu. Surprise ! Tout y était,  comme prévu, mais parfaitement rangé, outils au garde à vous dans les râteliers, chaussures sur les étagères, arrosoirs alignés par taille et le frigo dans le fond. La présence d’un frigo dans une cabane de jardin ne l’étonnait pas plus que ça, il avait quasiment le même dans son atelier, un vestige des années 60 décoré  comme celui là de vénilia bariolé. Pratique pour ranger les clous, ficelles et autres petits objets indispensables.  
Rien à trouver  dans un endroit pareil. Sour la tôle ondulée du toit la chaleur devait être  encore plus étouffante. Il faillit faire demi tour, « après tout un coup d’oeil c’est un coup d’œil » 
Mais retraverser la cour et y faire le planton  en attendant les autres… au dessus de ses forces.
 Là au moins il était à l’abri  du soleil et des graviers aveuglants. Il traversa jusqu’au  frigo. 
La lumière lui sauta au visage en même temps que le froid. Il  était branché ! Bizarre ! Et encore plus bizarre son contenu. Des conserves, beaucoup de conserves soigneusement étiquetées. On ne met pas des conserves au frigo. ! Elle devait perdre un peu la boule la Vieille…
Sur la clayette supérieure les confitures,  de jolis pots tous pareils recouverts de cellophane et d’un chapeau  en vichy mauve. Sur l’étiquette, une écriture fine, un peu penchée, un peu tremblée …abricot, poire, mirabelle…
La fraîcheur qui émanait de l’ensemble était délicieuse. Le Gendarme Fougasse attrapa le tabouret et s’installa devant la porte grande ouverte. Il enfila ses gants, bien décidé à prendre son temps pour un inventaire particulièrement méticuleux.
C’est au fond de la troisième pile qu’il trouva le bocal, dissimilé derrière les autres. Même format, mais pas de capuchon mauve et pas d’étiquette. A l’intérieur une boule de sopalin avec des traces noirâtres ! Une truffe ! C’est ainsi qu’il les conservait lui au fond du frigo quand la cueillette du dimanche avait été bonne. Il eut des visions d’omelettes baveuses et la tentation de mettre dans sa poche une possible pièce à conviction…
Il dévissa le pot. L’odeur le fit tomber à la renverse.
Le gendarme Fougasse venait de trouver l’objet de la perquisition,  ce que tout le monde cherchait depuis huit jours : 
la phalange du PDG

Cohabitation





La cohabitation se fait mal
ce soir ,au niveau des saucisses,
Ça hume le combat rival, 
la choucroute s'en tape sur les 
cuisses ! 
C'est le RÉAL contre l'ARSENAL !
Une saucisse de TOULOUSE
en veut à celle de MORTEAU.
D'un méme coup ,le bleu épouse
discrétement le vieux bordeaux
(qui n'a rien à faire au frigo !)
Ces deux là au moins vont ensemble 
un vrai plaisir de les marier 
enfin deux produits qui s'assemblent,
pour celui de notre tolier...
La cote de boeuf s'impatiente,
Le beurre se tient à carreau ,
un vieux camembert se lamente ....
Il faudra l'entamer bientôt 
ou menace d'empester l'ambiance....
Étre un frigo. .. Dieu quel boulot !!!!

              Michelle DALMAZE.

              24 mars 2020 .

lundi 23 mars 2020

atelier 3

Et voilà donc la troisième proposition:

Toujours sans utiliser le "Je", toujours en quelques lignes, moins introspectif, plus "atelier d'écriture", juste pour vous faire les dents.

Plongée dans le frigo,
On y trouve toujours certaines choses, d'autres ne devraient pas ou plus y être, d'autres enfin ne s'y trouvent jamais.  Le personnage se dévoile.  Pourquoi, comment, quel cheminement secret, quelles habitudes l'ont poussé à garnir de telle sorte ce garde-manger ?

Monologue intérieur du garde-manger OU de son(sa) visiteur.se.
    À la façon de Philippe Etchebest visitant la chambre froide de Cauchemar en cuisine, ou de celle d'un amoureux ou d'une amoureuse se faisant ainsi une idée de l'être aimé, explorez le contenu de ce satané réfrigérateur.

Allez, hop, bon appétit!