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lundi 13 avril 2020

Secrets

Je le vois bien ton air perplexe à chaque fois que tu me (re)trouves, que tu me (re)touches, que tu me tournes et retournes dans ta main !
Rappelle-moi, rappelle-toi pourquoi tu me trimballes depuis toutes ces années ! 
C’est pas que je m’ennuie, j’ai plein de colocataires : 2 balles de ping-pong, un sachet de punaises multicolores,  un aimant qui a fini par s’attacher à un clou solitaire blotti contre lui, un bouton dans un petit sachet plastique, 2 gommes et d’autres « trucs » méconnaissables ainsi qu’un tout petit « guide des trucs, offert par les 3 Suisses ».
Est-ce aujourd’hui que je vais retrouver ma place dans le puzzle de ta mémoire ? 
Aujourd’hui, c’est le jour de l’année que je préfère.
Une fois par an, tu grimpes en haut de ton escabeau à la recherche d’un papier archivé ou d’un fragment de bolduc et tes mains rencontrent la boîte.
Tu l’empoignes, tu oublies pourquoi tu es montée sur ton escabeau, tu t’assoies et regarde avec délectation le couvercle où il est écrit « cherche pas, c’est là ! ». Ben oui, forcément après tout ce temps tu en as encore oublié le contenu…
Tu trifouilles, tu souris, tu t’amuses à (re)feuilleter le petit guide des trucs offert par les 3 Suisses, et puis tu me (re)trouves. Comme d’habitude, comme chaque année tu t’interroges…quels secrets  pouvaient bien protéger ces deux minuscules cadenas et leurs clefs, reliés par un lien en plastique ?
Tu me caresses, pensive. Tu me reposes doucement dans la boite...L’année prochaine, peut être…

lundi 30 mars 2020

Voyage, voyages...



Moi, ton petit carnet de bord, je te suis fidèlement dans tes voyages.
Tentée par l’Asie du Sud, tes pas nous ont menés au Sri Lanka et ses ruines bouddhistes, nous y
sommes passés des plaines arides aux forêts tropicales et avons baguenaudé dans la baie
sablonneuse d’Unawatuna.
A peine posé le point final de l’escapade, l’envie de t’échapper t’a de nouveau submergée. Et nous
voilà repartis, cette fois direction l’archipel des cyclades. Parmi toutes ces iles, c’est Délos et ses lions
en terrasse qui a rempli mes pages. Pourquoi avoir l’avoir préférée à Mykonos alors qu’elle est
inhabitée, sauvage…pour t’habituer peut être.
Elle est d’humeur changeante ces jours ci, le stylo me l’a confirmé ! Delos c’était hier, aujourd’hui est
un autre jour, où partons nous ? Mongolie ? Nouvelle Zélande ??? Voyons un peu ce planisphère !
Chez certains on y trouve des revues, des mots croisés, des livres, mais installée sur ton trône, toi tu
scrutes une carte du monde scotchée à hauteur des yeux et tu m’as, moi, petit carnet à spirales.
C’est décidé, nous prenons notre envol vers la mer des Tchouktches, « plus loin que la nuit et le
jour », mais d’abord tu dois te rendre, masquée, au petit Vival du coin, y a des stocks à renouveler
avant de redevenir globetrotters dans notre petit royaume.

mardi 24 mars 2020

Tract






Frigos de tous pays, soyons solidaires, UNISSONS NOUS !
Si comme le mien, vos propriétaires vous maltraitent et vous en font voir de toutes les couleurs, rebellons nous !
Si vous aussi, êtes selon leur bon ou mal vouloir :
  • gavés de produits bourrés d’huile de palme qui empâtent nos habitacles,
  • souillés par la vinaigrette dégueulant d’un Tupperware mal  fermé,
  • envahis de  pyramides de boites où végètent des restes oubliés côtoyant un méli mélo de vestiges racornis,
  • aveuglés par des emballages vides,
  • étouffés par les choux fleurs, haricots verts, pastèques, tomates cerises, courges, courgettes, poivrons…qui s’agglutinent et se pressent désespérément contre les parois du compartiment légumes en attendant le jour de leur délivrance,  improbable pour la plupart d’entre eux ! 

Si vous aussi êtes exaspérés,
  • de les voir hésiter de longues minutes entre un yaourt au lait de coco ou une crème dessert « Bonne Maman », sans voir que la lumière tachycarde,
  • que les boites de suppositoires et gels intimes occupent l’emplacement de  la boite à œufs,
  • qu’en prenant une bière, ils posent et oublient leur téléphone portable à côté du camembert qui n’en demandait pas tant.
  • qu’ils vous alourdissent de magnets, en relief, en couleur, plats, puzzles du continent africain à jamais incomplets…
(Vive les PIN’S !)

BATTONS NOUS mes frères  pour un avenir meilleur !
Rappelons-leur que nous faisons partie de leur vie, 
Exigeons le respect de notre intérieur et des dates limites

POUR NOUS FAIRE ENTENDRE, ENGAGEONS NOUS A NOUS ENDUIRE  DE GIVRE TOUS LES SAMEDIS JUSQU'A L’OBTENTION DE NOS REVENDICATIONS 

dimanche 22 mars 2020

Le sorbier des oiseleurs

Dans le ciel de mes  souvenirs, lorsque l’on m’a planté,  je rêvais de devenir un séquoïa géant, admiré de tous. Mais j’ai grandi comme un arbre dans les mines, entre terrils et corons, et sorbier des oiseleurs je suis devenu ! En plus, les ch’tis de « min coin »  ont toujours cru que j’étais un acacia !

Résultat de recherche d'images pour "sorbier des oiseleurs"J’avais des copains qui me ressemblaient, plantés qu’on était  tout le long de l’avenue qui menait au puits de mine n°6. Les oiseaux m’aimaient bien, on taillait souvent la bavette en même temps qu’ils dégustaient mes baies rouges délicieuses.
Les enfants de cette rue, pétillante de vie, adoraient aussi les baies, pas pour les manger car ils les savaient toxiques pour eux, mais pour les mémorables batailles de boules rouges. À la fin de la journée, le trottoir en était jonché, au grand dam des mamans aux balais synchronisés qui s’employaient à les chasser (les baies..). 
Du haut de ma hauteur  je la voyais, la petite fille qui observait et semblait envier les oiseaux perchés sur mes branches, MES branches car elle m’avait choisi pour me confier secrètement ses pensées, ses joies et ses espoirs d’envol.
Un jour, ils sont venus, ils nous ont coupés, ils nous ont emmenés. Les oiseaux se taisent, les rires d'enfants s'éloignent. La petite fille subtilise une de mes branches à  laquelle s'accroche, insouciante, une grappe de petites baies rouges. Pour ne pas oublier.

jeudi 19 mars 2020

Lycée














Une estrade flanquée devant un tableau noir, deux intellos penchés sur un livre de philo…
Trop sérieux pour que ce soit sérieux… zont l’air cloches ces deux potaches lunettés à la moue dubitative et mal emmanchés dans leurs manteaux !..
Oui oui, c’est moi,  le mois de mars 1969 ! Je me rappelle à ton bon souvenir plus de 40 ans plus tard, au hasard de ton farfouillage dans une vieille boite en fer…
La T.A.4.3 , terminale A.  La presque apothéose d’une si belle année entre potes, fous rires, déceptions, émois amoureux (à l’époque on rencontrait le loup un peu plus tard) et discussions sans fin nécessitant d’interminables allers retours entre le lycée et le domicile des uns et des autres…
 Potaches, sûr, vous l’étiez… 
C’était un vendredi, le prof de philo se faisait attendre. Alors avec Didier, Christine et quelques autres potes de ta classe vous avez improvisé des scénettes chacun à votre tour sur l’archaïque estrade…
Qui tenait l’appareil photo ??? Où êtes vous 40 ans plus tard ?...
C’était un vendredi, le prof de philo se faisait attendre…le vendredi c’était jour de marché…, vous avez griffonné sur le tableau : « nous sommes au marché » et quand vous en être revenus le prof avait écrit : « moi aussi »…
L’une des dates limites de ton insouciance ?