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lundi 30 mars 2020

Gourmandises



Une ancienne table en bois posée sur l’herbe, on y trouve du thé, des petites gourmandises, muffins, chocolat, bonbons,... Il s’assoit toujours au bout, de là il peut avoir une vue d’ensemble, il a l’impression d’être le chef, au moins pendant ses moments à lui. Il laisse traîner un carnet et son stylo doré. Il y griffonne ses idées, ses impressions, ses pensées, ses divagations, ça l’aide à se vider l’esprit au sens propre comme au figuré. Derrière lui, une bibliothèque. Ses plus beaux voyages, il les fait au fil des pages d’un bon bouquin. Il y a non loin de lui une pendule dont le tic tac n’est plus en accord avec le mouvement de ses aiguilles. La pendule essaye de se faire oublier. Pourtant elle est bien présente mais il n’y prête plus attention. Le temps n’a plus d’emprise lorsqu’il met les pieds dans son dé-FOU-loir.

mercredi 25 mars 2020

Conversation entre un pot de cornichon et la mayonnaise



- Eh, t’as remarqué?
- Quoi? 
- On est un peu serré comparé à d’habitude, tu ne trouves pas ?
- Ouais, à la télé, ils parlent tous de confinement, en ce moment.
- Ah, c’est donc ça ! Elle a fait le plein, finis les bons petits plats de maman. Peut être qu’elle va enfin se mettre à cuisiner. En même temps, elle veut son indépendance alors bon si elle commençait déjà par savoir se nourrir, ça serait pas mal.
- D’ailleurs, tu n’as pas vu notre meilleur pote par hasard? Tu sais, la mousse de canard au porto? 
- Non, il n’est pas là. Par contre tu as vu toutes ces boîtes là-haut?
- Oui! c’est de la viande, elle ne va pas se laisser abattre, la petite.
- Le beurre en a pris un sacré coup avec ce confinement, forcément elle ne veut pas acheter de cochonneries industrielles, alors elle fait des gâteaux. Elle a besoin de son quatre heure.  
- Elle va en prendre des kilos! Parce qu’à ce tarif là ce n’est plus un goûter, c’est un cinquième repas qu’elle nous fait. 
- On va faire le bilan à la fin du confinement, on verra si elle arrive à tenir sans se faire livrer. 
- Nos colocataires habituels sont à peu près tous là: jambon, ketchup, gruyère, yaourt, gourde de sirop de citron, beurre, c’est bon, on a le compte. 
- T’as raison,on a de la chance, on est encore pas trop dépaysés. 
- Pourquoi tu dis ça?
- Bah imagine toute cette viande, elle doit se demander ce qu’elle fiche là. Et ces cannettes de soda, faudrait pas que la bouteille de sirop nous fasses une crise de jalousie non plus. Ahah






dimanche 22 mars 2020

Le saule tétard




Cet arbre majestueux qui trône au milieu de la pâture. Il est là, fier, seul. Unique au centre de cette étendue d’herbe verte.
 Elle l’observe, elle avait tant rêvé dans ses jeunes années que son père lui construise une cabane au sommet de cet arbre. L’arbre est toujours là, son père aussi, mais la cabane n’est toujours pas apparue, elle attend les petits-enfants peut être? Le temps nous le dira. Un beau saule avec sa coupe têtard et tout en haut une cabane qui l’attend, Elle en a passé des heures à rêvasser et à imaginer les plans, les histoires, les intrigues,... 
Avec les années, l’arbre est devenu un refuge, son refuge. Au pied de l’arbre, il s’est passé tant de moments importants pour elle. Le harcèlement scolaire,  c’est là qu’elle lâchait tout, son amour pour le dessin, c’est là qu’elle s’est perfectionné sous le soleil, la perte des différents êtres chers, c’est là qu’elle se consolait, les moments de partage avec le cheval, ses réflexions intenses sur la vie, c’était là. C’est à cet endroit qu’elle a partagé les meilleurs et les pires moments. C’est avec cet arbre, en sa compagnie qu’elle se sentait mieux ou plus inspirée. 
L’arbre est devenu son ami et le sera encore un sacré bout de temps.

jeudi 19 mars 2020

Love me tender...







Nuit blanche, pas envie de dormir, besoin de s’aérer… Ils embarquent leur fidèle compagnon à quatre pattes et direction la plage. A 6 heures du matin il n’y a pas foule, tu m’étonnes ! Elle , toujours scotchée à son appareil photo, lui a besoin de se vider la tête et le chien a une envie irrépressible de se défouler. Rien n’était prémédité ! Ce magnifique cliché non plus d’ailleurs ! Comment deux être aussi imparfaits peuvent ils être le sujet d’une photographie aussi parfaite? A n’en point douter ce sont les yeux qui regardent qui donnent cette sensation de perfection. Les yeux de l’amour, de la tendresse, de la nostalgie , du chagrin,... C’était le temps de l’insouciance, de la liberté, celui du bonheur. Quand elle repense à cette journée, elle se demande si elle lui a dit. Elle l’aimait, elle l’aime toujours. Elle essaye de se rappeler, elle ne se souvient pas, est ce qu’elle lui a dit? est ce qu’elle lui a fait comprendre avec des gestes? Elle n’arrive pas à se souvenir. 
Cliché magnifique, photo cruelle, lui et leur chien. Le chien est resté, lui s’en est allé. Il est devenu sable ou a-t-il préféré rejoindre les étoiles? Peut-il admirer les vas et vients des vagues sur le sable ? Cela on ne le saura jamais.

C’était Lui, c’était Elle, c’était leur petite famille, c’était avant la collision.